Réflexions personnelles et psychologiques sur le voyage


Gozo (Malte), 2016


Voyager ? Qu'est-ce que "voyager" ? Pourquoi voyager ? Où voyager ? Avec qui voyager ? Quelles sont les conduites à tenir lorsqu'on voyage seul(e) ? Voici autant de questions que je me pose et que vous devez vous poser. N'est-ce pas ? Chacun a sa vision sur les voyages mais, laissez-moi vous donner la mienne ! Je partagerai donc mon point de vue dans cet article en parlant de mes propres expériences ! 



"Sortir de notre zone de confort et quitter nos habitudes qui nous sécurisent" semblent important pour voir ce qui se fait ailleurs. J'avais lu un ouvrage autobiographique écrit par un homme, Jean-Pierre BROUILLAUD, devenu aveugle qui a voulu se lancer un défi fou : celui de faire un tour du monde. 

Son livre intitulé "Aller voir ailleurs" résume bien la réponse à la question : "Pourquoi voyager ?".

Lorsque tu as l'intention de vivre quelque chose de différent, de nouveau, tu dois accepter de sortir de ta zone de confort et prendre des risques. 

J'avais également lu ceci quelque part : "Si on fait toujours comme on a toujours fait, on ne vivra rien d'autre que ce que l'on a déjà vécu. C'est à nous de sortir pour vivre autre chose". Et puis, "il y a tellement de beauté dans le monde qu'il suffit de sortir de sa zone de confort pour s'en rendre compte".

Mais, pourquoi ai-je cette envie de "bouger, de partir ailleurs" ? 


Ce besoin de "mise en mouvement" (jargon de psy), autrement dit cet état d'esprit de vouloir bouger, correspond à ma personnalité d'aventurière, à ma passion pour les voyages et surtout à l'éducation que j'ai reçue : être en immersion dans de nouvelles cultures, découvrir de nouvelles manières de vivre et de penser.

Comme je l'avais déjà dit dans l'article "Voyager seule : c'est sourire à l'inconnu(ici), selon moi, voyager, c'est aller à la rencontre de nouveaux horizons, de nouvelles personnes, tout simplement changer d'environnement et y apporter un peu de soi aux autres. 

J'aime donc me perdre dans les rues des villes que je visite car pour moi, c'est au détour d'une ruelle que tu fais de belles rencontres !


Aussi, lorsque je me rends dans une nouvelle ville, j'aime m'amuser à lui trouver des similitudes avec une autre ville que j'ai déjà eu à découvrir.


Certaines personnes me qualifieraient de "dispersée, toujours en fuite de la réalité" mais ce n'est pas le cas. J'apprécie également la stabilité, mais... J'ai un grand (et beau défaut) : je suis très curieuse ! 


Genève (Suisse), 2013


Une amie kényane me faisait remarquer, lors d'une de nos conversations, que j'étais atteinte du "travel bug" ! 

Non, je ne parle pas de "syndrome du voyageur" qui est un trouble psychique qui touche les touristes qui sont loin de chez eux et qui sont confrontés à une culture différente, à un environnement différent. Ils subissent un choc émotionnel à un moment de leur voyage car ils n'ont pas anticipés, pas imaginés certaines réalités du pays visité. (Ils deviennent anxieux, ressentent un profond mal-être, ont des hallucinations, n'arrivent pas s'adapter, perdent leurs repères et donc écourtent leur séjour).


Voici les mots de mon amie : "You seem to have caught the travel bug !". Par "travel bug", elle parlait plus du "virus du voyage", du fait que j'aime beaucoup les voyages et qu'elle me voyait passionnée. Je lui ai tout simplement répondu ceci : "This travel bug makes me alive !".



Mais que m'ont vraiment apportés tous les voyages que j'ai fait jusqu'à maintenant ? 

Pour l'instant, j'ai visité, au total, 18 pays répartis entre l'Afrique de l'Ouest, l'Europe occidental, l'Europe central et certaines îles françaises et anglaises (ce n'est pas beaucoup vu les 197 pays du monde. Mais c'est déjà pas mal non ?). Ces voyages en famille, en amoureux, entre amis ou même seule ont été, sont et seront toujours, pour moi, riches d'enseignements. Une phrase que j'avais entendue dans un film affirmait que "le voyage est la seule dépense qui peut nous enrichir". J'adhère totalement à cette idée : Avoir la possibilité de sortir de sa zone de confort (encore une fois), de l'environnement auquel on est habitué, pour voir ce qui se fait et se vit ailleurs me parait très important. 


Lorsque je voyage, à travers les rencontres que je fais, j'apprend des autres, j'apprend de leurs cultures. J'apprend de nouveaux mots dans une langue que je suis loin de maîtriser. Cependant, je me rends compte à chaque fois qu'au delà de la barrière de la langue, je peux comprendre l'autre. Un proverbe touareg dit que : "Voyager, c'est aller de soi à soi en passant par les autres".



Guadeloupe, 2014


Ne dit-on pas que le sourire est universel ? Rien que çà, je vous laisse imaginer mes échanges linguistiques avec eux  : On devient créatif, on invente des mots, on parle avec les gestes ! Bref, on tente de se faire comprendre et on rigole. On se crée des liens amicaux... On vit des moments forts et cela renforce notre coté "altruiste" !


J'apprend également à goûter à de nouveaux produits alimentaires que je n'aurais jamais testé si je n'étais pas venue découvrir ces pays. Mes habitudes alimentaires changent, mon palais se développe un peu plus à chaque voyage.


Je cherche aussi à connaître et à comprendre l'Histoire de ces pays. 


À chaque voyage, je vis de belles aventures, des expériences uniques qui me forgent et continuent à me forger. Tout cela m'aide donc à grandir, à évoluer, à acquérir une plus grande ouverture d'esprit, à voir la vie d'un autre point de vue et à être plus tolérante envers les autres Marcel PROUST disait : "Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux". 

A chaque voyage, j'apprend un peu plus sur moi-même. Je gagne en créativité, en confiance en moi. J'apprend à être plus courageuse et surtout à être plus heureuse que je le suis déjà !

J'accepte les imprévus, j'apprend à surmonter mes peurs qui en l'espace de quelques temps deviennent de lointains "mauvais" souvenirs. 


J'apprend à être plus prudente, plus attentive. Etre attentif à ses affaires personnelles lorsqu'on sort est important car il y a malheureusement beaucoup de pickpockets ! Par exemple, tout le monde sait que Barcelone est l'un des QG des pickpockets !


Eh bien, j'ai eu à vivre cette expérience et effectivement, je ne sais toujours pas comment ils ont fait pour me voler mon portefeuille !!! Appeler ma Banque à 22 heures pour faire "opposition" à tout accès à mon compte, je l'ai fait ! Aller déposer plainte à la Police à 23 heures, je l'ai fait ! Refaire ses papiers d'identité au retour du voyage, je l'ai fait !


De cette expérience (moins bonne), je garde quand même de bons souvenirs qui m'ont permis de réajuster mon comportement lors de mes prochains voyages.


Désormais, lorsque je voyage seule, je ne garde pas mon argent liquide et ma CB au même endroit. J'ai décidé de me faire faire une CB spécialement pour les voyages où je mets mon budget voyage. Je n'emmène donc pas avec moi ma CB "normale". Je retire une certaine somme avant de partir. Je le fais car lorsque tu emportes ta CB avec toi, il y a un "maximum" que tu ne dois pas dépasser. En parlant de "maximum", je fais allusion au montant (budget prévu) mais aussi au nombre de retrait que je suis autorisée à faire. Il est important que je puisse me renseigner auprès de ma banque avant de partir pour savoir si dans le pays où je me rend il y a une banque partenaire. Car, il pourrait y avoir dans les autres banques des taxes à payer lorsque je serai amenée à effectuer un retrait... Donc, savoir combien me coûterait à peu près un retrait à n'importe quelle borne automatique me semble indispensable ! Cela m'éviterait d'être surprise une fois sur place !!!


Lorsque je retire une certaine somme avant de partir en voyage, je range une partie dans mon sac à main puis, une autre à différents endroits de ma valise (surtout dans ma trousse de toilette et dans ma trousse à pharmacie). J'ai même lu récemment sur un blog de voyage qu'il est conseillé de cacher quelques billets de banque dans ses paquets de tampons ou de serviettes hygiéniques pour les filles et dans ses paquets de préservatifs pour les garçons. Pas mal ! Franchement qui viendrait fouiller dedans (rires) !? A tester donc !


Egalement, je me promène avec des photocopies de mes papiers d'identité en gardant les originaux dans ma valise.


En auberge de jeunesse, j'ai pour habitude de dormir dans un dortoir pour filles. Dieu merci, je suis toujours tombée sur des filles très cool et respectueuses de l'espace personnel de chacune. J'avais souvent eu peur pour mon téléphone. Si je me le faisais voler, comment pourrais-je être joignable et surtout aller sur internet !!! Ce que je fais : Je ferme bien évidemment mes valises avec un cadenas avant de tomber dans les bras de Morphée.



Toulouse (France), 2012


Oui, lorsque je voyage seule, je loge en auberges de jeunesse, en appartements ou chez l'habitant. Le luxe de l'hôtel est réservé aux vacances en famille !


En voyageant seule, j'ai surtout appris à parler à la première personne du pluriel, pas que j'aie un ami imaginaire, non non : Lorsque des inconnus viennent m'aborder et que je pressens qu'ils vont m'importuner avec leurs questions, je n'emploie plus le "je" mais le "nous" pour parler de moi. Quand ils me demandent de qui je parle, je dis juste que je suis avec des amis et/ou mon chéri qui vont me rejoindre. J'assume totalement mon mensonge ! S'il peut écourter ma conversation avec ces inconnus, je suis prête à le dire.


Un autre point que j'aimerais aborder avec vous, c'est que lorsqu'on vit hors de son pays d'origine, l'on se rend compte de sa propre richesse culturelle. L'on endosse un statut d'ambassadeur, d'ambassadrice (du pays en question) et l'on apprend à défendre les valeurs et le patrimoine culturel de son pays d'origine. L'on les fait découvrir aux autres, en quelques sortes. Je vous rappelle que je suis originaire du Bénin, un pays situé en Afrique de l'Ouest. J'y suis actuellement pour les vacances. J'aurais l'occasion de vous le faire découvrir bientôt !


A travers mes voyages, j'apprend donc à mieux me connaître, à mieux connaître les autres de mon entourage, à mieux comprendre les relations entre les hommes et les femmes et à mieux vivre tous ensemble. 



Ouidah (Bénin), 2016
Je vous invite à voyager vous aussi autant que vous le pouvez. 

Car, voyager vous permettra de décompresser, d'apprendre à mieux vous connaître, de vous changer les idées, mais de profiter des opportunités que nous offre la vie tout simplement.

Effectivement, certain(e)s lectrices/lecteurs me diront : "Tu as de la chance" ou "Il faut avoir les moyens, les ressources financières pour voyager". C'est vrai mais, l'on n'est pas obligé d'aller à l'autre bout du monde pour se changer les idées. Que diriez-vous d'aller dans une autre ville de votre pays de résidence, pour visiter un ou une amie ou même rendre visite aux membres de votre famille. Voyager, c'est juste une question de volonté et de motivation.

Albi (France), 2012


Je préfère mettre mon argent dans un billet de bus, de train, d'avion qu'avoir à payer des produits de beauté ou collectionner des sacs de luxe ! Chacun ses priorités...

Et lorsque je ne peux pas voyager tout de suite, tout simplement je fais de la "voyagéothérapie" ! 


Vous vous demandez quel mot vient-elle (encore) de nous inventer ?

C'est Josef SCHOVANEC, autiste et jeune philosophe écrivain français qui parle de "voyagéothérapie" : Cela permet d'effectuer un travail mental à partir de voyages. Pour lui, on peut considérer que le voyage est la plus ancienne forme de traitement. Dans son livre "Eloge du voyage à l'usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez", il partage ce que pour lui le voyage guérit. Il a donc créé ses propres traitements, ses "comprimés à base de voyages". En fait, au lieu de penser simplement positivement, d'écouter de la musique lorsque l'on est triste ou lorsque l'on a le blues, il propose une alternative : il nous invite à penser à des lieux que l'on a visité, à des souvenirs et des anecdotes de voyages que l'on s'est déjà créés. Pas mal comme idée, n'est-ce pas ?

Tâche pas si facile, je vous l'accorde. Mais à force d'entrainement, vous verrez cela marche.

Le voyage permet ainsi donc de préparer en avance ses traitements lorsque l'on se sentirait triste car cela arrive à tout le monde d'être triste à un moment. La tristesse (comme la joie) fait partie de nos émotions. Les beaux et bons souvenirs permettraient de réduire cette émotion que je qualifierai d'"émotion négative".

Toulouse (France), 2012


Pour conclure, le voyage est pour moi une véritable passion ! 

Et j'ai décidé de faire du voyage une partie de mon métier. Vous savez (ou toujours pas) que je suis psychologue. Eh bien, je suis psychologue avec une spécialisation dans le domaine du handicap (raison pour laquelle je vous ai parlé plus haut de 2 hommes : l'un aveugle, l'autre autiste). Mais je suis également psychologue humanitaire. Ce qui veut dire "mission humanitaire" ici, "mission de solidarité internationale" là-bas... 


Tout çà pour dire que "voyager" pour moi rime avec "se rendre utile ailleurs". Bon.., "je sais que je ne pourrais pas changer le monde. Mais, j'aimerais que le monde puisse continuer à me changer".


J'aime donc passé mon temps à me souvenir des endroits que j'ai visité. Mais surtout, comme le dit Sacha GUITRY, "En somme, je m'aperçois que les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu'on est revenu", pas vrai ? J'aimerais donc continuer à pouvoir me créer des souvenirs partout dans le monde pour vous embêter d'avantage (hahaha) !


Etant partisane des bienfaits thérapeutiques des voyages,  je vous invite, encore une fois, à voyager autant que vous voulez : "Mieux vaut avoir des souvenirs que des regrets, donc voyager ! ". Vous vous sentirez encore plus vivants car, seul le ciel semble être notre limite !!! 


Ne l'oubliez pas : "Rien ne développe l'intelligence comme les voyages" (Emile ZOLA).


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